L'or bleu en péril ?
Une des premières choses que les astronomes cherchent, lorsqu'ils s'approchent d'une planète lointaine à l'aide de leurs outils sophistiqués, c'est de l'eau ou des traces d'eau. Pourquoi ? Parce que la présence de H 2O est un des indices les plus sûrs qu'un environnement - même en apparence hostile - pourrait avoir abrité des êtres vivants.
Ainsi, quand les sondes spatiales nous ont appris que de l'eau avait coulé un jour à la surface de Mars, l'idée qu'il y avait peut-être déjà eu de la vie sur la planète rouge est soudain devenue moins farfelue, même si les « martiens » en question n'étaient sans doute que de simples organismes unicellulaires.
D'un point de vue vital, la valeur de « l'or bleu » dépasse donc de loin celle de l'or jaune, bien qu'il suffise d'ouvrir le robinet pour le voir couler, du moins dans les pays développés.
Or le cours de l'or bleu pourrait bien connaître des transformations : les réserves d'eau planétaire affichent à l'heure actuelle un niveau alarmant, y compris en Amérique du Nord. Réchauffement planétaire, pollution chimique, vieillissement des infrastructures et croissance de la population (entre 40 et 50 % d'ici 2040) pèsent en effet de tout leur poids sur cette ressource essentielle.
On peut agir
Pourtant, selon le World Water Council (Conseil mondial de l'eau), le problème n'est pas tant que nous manquons d'eau, mais que nous la gérons mal. Ce qui est rassurant, par contre, c'est que de plus en plus de personnes et d'organismes se rendent compte que nos réserves d'eau douce ne sont pas illimitées et que nous devons faire un effort pour les protéger.
Situation qu'un des messages du 2e forum mondial sur l'eau - « L'eau, c'est l'affaire de tout le monde » - résumait bien !
Le Pacific Institute estime pour sa part qu'il n'est pas nécessaire d'investir des milliards dans des infrastructures pour s'attaquer à la crise mondiale de l'eau. L'organisme propose une « approche en douceur » (soft path) qui vise à répondre aux besoins de base de la population mondiale tout en protégeant l'environnement, entre autres grâce à :
- une exploitation efficace et avisée de l'eau déjà disponible
- des projets à l'échelle des communautés
- l'utilisation de nouvelles technologies
Le Pacific Institute met aussi de l'avant un objectif ambitieux : faire en sorte que d'ici 2018 chaque école dans le monde ait de l'eau potable, qu'elle dispose d'un système d'assainissement adéquat et que l'on y transmette des notions d'hygiène.

Chacun peut faire sa part !
En attendant, chacun de nous a un rôle à jouer : en effet, les experts estiment que si nous le voulons vraiment peu importe où nous sommes et quel usage nous en faisons (que ce soit pour l'agriculture ou l'industrie, ou comme simple particulier) nous pouvons économiser l'eau en quantités insoupçonnées. C'est le thème du prochain de cette série d'articles sur l'eau.
Après tout, nous ne voudrions pas que les astronomes d'une galaxie lointaine découvrent un jour « des traces d'eau » à la surface de notre planète !
|